Avenant de décision

L’avenant de décision correspond au courrier qui annonce la couverture à l’entreprise. Ce document informe l’assuré des décisions de garanties prises par l’assureur-crédit pour les risques demandés. La compagnie donne, par avenant de décision, la limite de crédit qu’il accepte de couvrir sous réserve du respect des conditions de la police d’assurance crédit.

L’entreprise doit demander à son assureur-crédit les demandes d’agrément pour ses clients.

Définition de Avenant de décision dans un contrat d'assurance crédit

L’assureur, via son service d’arbitrage, procède à une étude de risque et donne sa décision pour chaque client : positive, maximum (partielle) ou refus.

Dans le cas d’une réponse partielle ou négative dans un avenant, il est possible de contester la décision et de demander une « insistance » pour faire appel sur base d’éléments d’informations « nouveaux » permettant selon votre avis une révision favorable.

L’assurance-crédit propose aux entreprises 3 services :

  • la prévention de l’impayé : sélection et surveillance des clients ou des prospects,
  • le recouvrement de vos créances commerciales,
  • l’indemnisation jusqu’à 95 % des impayés sur vos acheteurs garantis en « dénommés ». Sur les clients « non-dénommés ». Vous êtes indemnisés sur la base d’une quotité variant de 50% à 65%.

Les clients non dénommés désignent les acheteurs ayant de faibles montants. Les clients sont couverts sans l’accord préalable de la compagnie d’assurance crédit. Les acheteurs dénommés ont un plafond créancier conséquent. L’assuré doit interroger pour chaque client son assureur-crédit pour obtenir la garantie de ses encours.

L’avenant dans un contrat d’assurance crédit

Un avenant est un amendement à une police d’assurance. Certaines modifications ajoutent ou complètent une couverture (par exemple, si vous demandez une adjonction de complément de protection à votre police).

Dans la plupart des contrats, vous trouverez divers avenants, dont des ajouts d’exclusion individuels (qui exclut de façon permanente la garantie d’un client), des compléments de couverture. Cette annexion au contrat est un acte contractuel. En cas de changement imprévu dans la situation du client de l’entreprise ne résultant pas du fait des parties, un avenant ou une décision de poursuivre, suspendre, révisé ou annulé peut intervenir quel que soit le montant de la modification en résultant.

Dans tous les autres cas, un avenant ou une décision de poursuivre ne peut bouleverser la relation commerciale, ni en changer l’objet. C’ est l’acte avec lequel les parties à un contrat conviennent de modifier ou d’amender une ou plusieurs de ses clauses. Cette intervention ne peut avoir ni pour objet ni pour résultat de substituer à la police initiale un autre contrat, soit parce que son économie en serait bouleversée, soit parce que son objet ne serait plus le même.

Ce document qui tient compte des modifications contractuelles doit obligatoirement être validé par la compagnie d’assurance crédit et le titulaire et lui être notifié avant son exécution. L’avenant doit être directement rattaché à l’opération (pas de changement d’objet de la relation commerciale par la conclusion de ce document). L’adjonction ne doit pas bouleverser l’économie du contrat.

Importance de l’avenant de décision dans la gestion des risques

L’avenant de décision joue un rôle central dans la gestion du risque client. Il matérialise la position prise par l’assureur-crédit sur un acheteur donné et indique notamment le montant de la limite de crédit qu’il accepte de garantir, sous réserve du respect des autres conditions prévues par la police.

Pour l’entreprise assurée, ce document ne doit pas être considéré comme une simple formalité administrative. Il constitue un véritable outil de décision pour accorder ou maintenir un crédit commercial à un client.

Lorsqu’une entreprise vend avec un délai de paiement de 30, 45 ou 60 jours, elle supporte temporairement le risque financier correspondant aux factures qui restent à encaisser. L’avenant permet de connaître la part de cet encours client que l’assureur accepte de couvrir.

Prenons l’exemple d’un client disposant d’une limite garantie de 150 000 euros. Tant que l’exposition de l’entreprise reste compatible avec cette limite et avec les autres dispositions du contrat, le risque d’impayé peut être couvert dans les conditions de la police. Si l’encours atteint 220 000 euros, une partie importante de l’exposition se situe alors au-delà de la garantie accordée.

L’avenant de décision permet donc au DAF ou au credit manager de déterminer :

  • le montant de crédit commercial pouvant être accordé avec une couverture d’assurance ;
  • la part éventuelle de risque conservée directement par l’entreprise ;
  • la nécessité de demander une augmentation de garantie ;
  • l’opportunité de réduire les délais de paiement ;
  • la nécessité d’obtenir un acompte ou un paiement comptant ;
  • le besoin de contrôler une commande exceptionnelle avant son acceptation.

La décision de l’assureur doit donc être rapprochée en permanence de l’encours réel du client. Une garantie de 100 000 euros peut être parfaitement adaptée à un acheteur réalisant 30 000 euros d’encours, mais largement insuffisante pour un client dont les factures non réglées atteignent 180 000 euros.

L’avenant devient ainsi un lien concret entre assurance-crédit, politique commerciale, gestion du poste clients et trésorerie.

Processus d’élaboration de l’avenant

Le processus d’élaboration d’un avenant de décision repose sur l’analyse du risque présenté par l’acheteur. Lorsqu’un assuré demande une garantie sur un client, le service d’arbitrage de la compagnie étudie sa capacité financière et détermine le niveau d’exposition que l’assureur accepte de prendre.

Cette analyse ne repose généralement pas sur un seul indicateur. L’assureur peut croiser de nombreuses informations afin d’apprécier la solvabilité présente et future de l’acheteur :

  • les derniers comptes annuels disponibles ;
  • le chiffre d’affaires et son évolution ;
  • la rentabilité ;
  • les capitaux propres ;
  • le niveau d’endettement ;
  • la trésorerie et les besoins de financement ;
  • les incidents ou comportements de paiement connus ;
  • les informations juridiques disponibles ;
  • les données recueillies auprès d’autres entreprises assurées ;
  • la situation du secteur d’activité ;
  • le risque pays lorsque l’acheteur est situé à l’étranger.

L’assureur tient également compte du montant de garantie demandé. Un acheteur peut présenter une situation financière satisfaisante tout en ne justifiant pas, selon l’analyse de la compagnie, une exposition de plusieurs centaines de milliers d’euros.

A l’issue de l’étude, plusieurs décisions sont possibles :

  • accord total : le montant demandé est accepté ;
  • accord partiel : l’assureur accepte de couvrir seulement une partie du montant demandé ;
  • refus : aucune garantie nominative n’est accordée ;
  • décision conditionnelle ou temporaire : la garantie peut être accordée avec certaines restrictions selon les possibilités du contrat.

La décision est ensuite communiquée à l’assuré par l’avenant ou par l’outil de gestion mis à disposition par la compagnie.

La décision n’est pas nécessairement définitive pendant toute la durée du contrat. La situation financière d’un acheteur évolue. L’assureur peut donc revoir son appréciation et augmenter, réduire ou supprimer une garantie lorsque de nouvelles informations modifient son évaluation du risque.

C’est pourquoi la surveillance effectuée par les compagnies constitue l’un des principaux services de l’assurance-crédit : l’assuré bénéficie non seulement d’une garantie financière, mais également d’une actualisation régulière de l’analyse de ses clients.

Conséquences d’une décision négative ou partielle

Lorsqu’un assureur-crédit rend une décision négative ou accorde une garantie inférieure au montant demandé, cela ne signifie pas automatiquement que le client va devenir insolvable. La compagnie indique simplement qu’elle ne souhaite pas prendre tout ou partie du risque présenté dans les conditions demandées.

Cette décision doit néanmoins conduire l’entreprise à réexaminer immédiatement son exposition.

Supposons qu’une entreprise demande une garantie de 300 000 euros sur un client et que l’assureur n’accorde que 150 000 euros. Si l’encours réel atteint déjà 200 000 euros, 50 000 euros se situent au-delà de la limite accordée. Une nouvelle commande de 100 000 euros augmenterait encore cette exposition.

Plusieurs stratégies peuvent alors être envisagées :

  • réduire l’encours autorisé au client ;
  • demander un acompte sur les nouvelles commandes ;
  • réduire le délai de règlement ;
  • demander un paiement comptant sur la partie non couverte ;
  • fractionner les commandes ou les livraisons ;
  • attendre le règlement de factures précédentes avant d’augmenter l’exposition ;
  • conserver volontairement une partie du risque à la charge de l’entreprise.

La décision doit également être rapprochée de la rentabilité de la relation commerciale. Prendre volontairement 20 000 euros de risque supplémentaire n’a pas la même portée que supporter plusieurs centaines de milliers d’euros d’encours non garanti.

Lorsque l’entreprise estime que l’analyse ne correspond plus à la situation réelle de son client, elle peut demander une révision de la décision, parfois appelée insistance.

Pour avoir une réelle utilité, cette demande doit idéalement être accompagnée d’éléments nouveaux susceptibles de modifier l’analyse de l’arbitre :

  • nouveaux comptes annuels ;
  • situation comptable intermédiaire ;
  • augmentation de capital ;
  • nouveau financement bancaire ;
  • amélioration récente de la trésorerie ;
  • historique de paiement satisfaisant ;
  • information concernant une restructuration financière.

Une demande argumentée est généralement plus pertinente qu’une simple sollicitation visant à augmenter la couverture sans information supplémentaire.

En cas de refus maintenu, le fournisseur reste libre de poursuivre la relation commerciale, mais il doit alors mesurer précisément la part de risque qu’il accepte de conserver.

Différences entre clients dénommés et non-dénommés

La distinction entre clients dénommés et non-dénommés est essentielle pour comprendre le fonctionnement d’une police d’assurance-crédit. Elle ne signifie pas nécessairement que les clients dénommés sont plus risqués. Elle dépend surtout du niveau d’encours et des règles prévues par le contrat.

Un client dénommé est un acheteur pour lequel l’entreprise demande généralement une décision nominative à l’assureur. La compagnie étudie l’acheteur et fixe un montant maximal de garantie.

Ce dispositif est particulièrement adapté aux clients générant des encours importants. L’entreprise connaît ainsi précisément le niveau de couverture accepté par la compagnie.

Un client non-dénommé correspond généralement à un acheteur présentant un encours inférieur au seuil nécessitant une demande nominative. Il peut bénéficier d’une couverture dans les limites et sous les conditions prévues par la police, sans demande d’agrément individuelle systématique.

Le fonctionnement peut notamment reposer sur une limite de crédit discrétionnaire permettant à l’assuré de déterminer lui-même un niveau de crédit jusqu’à un certain montant, sous réserve de respecter les critères du contrat.

Exemple :

  • un client présentant un encours habituel de 8 000 euros peut relever du mécanisme non-dénommé si le contrat le permet ;
  • un client générant régulièrement 250 000 euros d’encours nécessitera généralement une décision nominative spécifique.

Pour les clients non-dénommés, l’assuré doit néanmoins respecter strictement les conditions permettant de bénéficier de la garantie : expérience de paiement, renseignements commerciaux, absence d’incidents connus ou autres critères prévus dans la police.

Non-dénommé ne signifie donc pas automatiquement garanti. L’entreprise doit être capable de démontrer, en cas de sinistre, qu’elle respectait les conditions contractuelles au moment où elle a accordé le crédit.

Autre point important : lorsqu’une compagnie a pris une décision nominative spécifique sur un acheteur, notamment une limitation ou un refus, cette décision peut prévaloir sur le mécanisme de couverture non-dénommée selon les dispositions du contrat.

Rôle des avenants dans les modifications contractuelles

Les avenants d’un contrat d’assurance-crédit ne concernent pas uniquement les limites accordées aux acheteurs. Il faut distinguer l’avenant de décision relatif à un client et l’avenant contractuel qui modifie certaines dispositions de la police d’assurance.

Pendant la durée du contrat, l’activité de l’entreprise peut évoluer : augmentation du chiffre d’affaires, développement à l’export, acquisition d’une filiale, changement de secteur, hausse des encours ou apparition de nouveaux besoins de couverture.

Un avenant contractuel peut alors permettre d’adapter la police à cette nouvelle situation.

Selon le contrat, une modification peut notamment concerner :

  • l’ajout d’une nouvelle entité assurée ;
  • l’intégration d’un nouveau pays ou d’une nouvelle zone géographique ;
  • la modification d’une franchise ;
  • l’évolution de la quotité d’indemnisation ;
  • la modification de la limite de décaissement ;
  • l’ajout d’une option de garantie ;
  • la modification du périmètre du chiffre d’affaires assurable ;
  • l’adaptation des délais maximums de crédit ;
  • la modification de certaines règles de déclaration ou de gestion.

Ces modifications doivent être clairement formalisées car elles peuvent avoir des conséquences directes sur l’étendue de la garantie et sur les obligations de l’assuré.

Prenons l’exemple d’une entreprise assurée uniquement pour ses ventes en France qui commence à réaliser 30 % de son chiffre d’affaires en Espagne et en Italie. Il serait dangereux de considérer automatiquement que ces nouvelles créances entrent dans le périmètre de la police initiale. Une extension ou une adaptation contractuelle peut être nécessaire avant de considérer ces ventes comme garanties.

De la même manière, une forte croissance du chiffre d’affaires peut conduire à revoir certains paramètres du contrat, notamment la limite de décaissement, afin que la capacité maximale d’indemnisation reste cohérente avec le niveau réel d’exposition.

L’avenant permet donc de faire évoluer le contrat sans devoir nécessairement souscrire une nouvelle police complète. Il assure la continuité du dispositif tout en adaptant certaines dispositions aux nouveaux besoins de l’entreprise.

La bonne pratique consiste à conserver chaque avenant avec la police initiale et à considérer le contrat d’assurance-crédit comme un ensemble composé des conditions générales, des conditions particulières et de tous les avenants intervenus depuis sa souscription.

Ne pas confondre avenant de décision et avenant contractuel

Le terme avenant peut désigner deux réalités différentes dans un contrat d’assurance-crédit.

L’avenant de décision correspond à la communication par laquelle l’assureur informe l’entreprise de sa position sur un acheteur : accord, accord partiel, réduction, suspension ou refus de garantie.

L’avenant contractuel modifie quant à lui une disposition de la police elle-même : ajout d’une option, modification d’un plafond, intégration d’un nouveau pays, changement d’une franchise ou adaptation des conditions particulières.

Cette distinction est importante car une décision concernant un acheteur ne modifie pas nécessairement l’ensemble du contrat. Elle applique les règles de la police à une situation particulière.

Pour comprendre la décision rendue sur un acheteur, consultez également notre définition de l’agrément en assurance-crédit.

Comment lire correctement un avenant de décision ?

Un avenant de décision ne doit pas être archivé sans être analysé. Chaque information figurant sur le document peut avoir une conséquence directe sur le niveau de couverture de l’entreprise.

Il faut notamment vérifier :

  • l’identité exacte de l’acheteur ;
  • son numéro d’identification ou son SIREN lorsqu’il s’agit d’une entreprise française ;
  • le montant de la limite accordée ;
  • la nature de la décision : accord, partiel, réduction, suppression ou refus ;
  • la date de prise d’effet ;
  • les éventuelles conditions ou restrictions particulières ;
  • la durée de validité lorsqu’elle est expressément limitée ;
  • les conséquences éventuelles sur les commandes ou livraisons en cours.

Une erreur d’identification du débiteur peut être particulièrement problématique. Deux sociétés appartenant au même groupe peuvent avoir des raisons sociales proches tout en constituant deux personnes morales distinctes.

La demande d’agrément doit donc toujours être effectuée sur l’entité qui doit juridiquement payer la facture.

La date d’effet de la décision est aussi importante que son montant

Lorsqu’une garantie est augmentée, réduite ou supprimée, il faut immédiatement vérifier à partir de quelle date la nouvelle décision s’applique.

Une entreprise peut en effet avoir simultanément :

  • des factures déjà émises ;
  • des marchandises déjà livrées ;
  • des commandes confirmées mais pas encore livrées ;
  • de nouvelles commandes en négociation.

Ces différentes opérations ne sont pas nécessairement traitées de la même manière par le contrat.

En cas de réduction ou d’annulation, il faut donc éviter de considérer automatiquement que toutes les opérations passées sont perdues ou, à l’inverse, que toutes les commandes déjà enregistrées restent couvertes.

Le traitement dépend des conditions de la police et de la date d’effet figurant dans la décision.

Comparer systématiquement l’avenant avec l’encours réel du client

Recevoir une garantie de 100 000 euros ne signifie pas que l’entreprise est correctement protégée si son exposition réelle atteint déjà 160 000 euros.

Il faut rapprocher le montant de l’avenant de l’encours client réellement supporté par l’entreprise.

Ce calcul doit tenir compte :

  • des factures non encore échues ;
  • des factures arrivées à échéance ;
  • des livraisons réalisées mais pas encore facturées ;
  • des commandes fermes à livrer ;
  • des pics saisonniers de chiffre d’affaires.

Si l’encours atteint 160 000 euros alors que la garantie est limitée à 100 000 euros, l’entreprise se trouve en dépassement de garantie.

La partie supérieure à la limite n’est pas automatiquement couverte en cas d’impayé.

Vérifier la garantie avant d’accepter une grosse commande

Une commande exceptionnelle peut modifier brutalement l’exposition sur un client.

Prenons un acheteur bénéficiant d’une garantie de 150 000 euros avec un encours déjà égal à 110 000 euros. Une nouvelle commande de 100 000 euros peut porter l’exposition potentielle à 210 000 euros.

Avant d’accepter définitivement cette opération, plusieurs solutions peuvent être étudiées :

  • demander une augmentation de l’agrément ;
  • demander une limite temporaire supplémentaire ;
  • obtenir un acompte du client ;
  • fractionner les livraisons ;
  • réduire le délai de paiement ;
  • attendre le règlement de factures précédentes.

La bonne pratique consiste à obtenir la décision de l’assureur avant que l’entreprise ne prenne une exposition supplémentaire, notamment lorsque la commande nécessite des achats ou une fabrication importante.

Peut-on demander une augmentation temporaire de garantie ?

Oui, certains contrats permettent de solliciter une couverture supérieure lorsque le besoin est ponctuel : saison forte, commande exceptionnelle ou augmentation temporaire du courant d’affaires.

L’entreprise doit alors expliquer précisément :

  • le montant supplémentaire souhaité ;
  • la durée pendant laquelle cette couverture est nécessaire ;
  • la raison de l’augmentation ;
  • les conditions de paiement de la nouvelle commande ;
  • l’historique de règlement du client.

L’assureur peut accepter, limiter ou refuser cette demande.

Une augmentation temporaire est souvent plus facile à justifier qu’une hausse permanente lorsque l’exposition exceptionnelle est parfaitement identifiée.

Une décision à zéro peut-elle être remplacée par une limite discrétionnaire ?

Il faut être particulièrement prudent sur ce point.

La limite de crédit discrétionnaire permet, dans certains contrats et sous certaines conditions, à l’assuré de déterminer lui-même une couverture jusqu’à un seuil convenu sans demander systématiquement une décision nominative.

Mais lorsqu’un assureur a émis une décision spécifique sur un acheteur, notamment une limite nulle, une suppression ou un refus, il ne faut pas considérer automatiquement que l’entreprise peut revenir à sa couverture discrétionnaire.

Dans de nombreux contrats, la décision nominative de la compagnie prévaut sur la limite discrétionnaire.

Il faut donc vérifier précisément les conditions de la police avant de continuer à livrer sous sa propre responsabilité.

Que faire lorsqu’une garantie est réduite alors que des commandes sont en cours ?

Une réduction d’agrément peut intervenir alors que l’entreprise possède déjà des commandes fermes ou des produits en fabrication.

Le premier réflexe doit être de dresser immédiatement un état précis :

  • des factures existantes ;
  • des commandes déjà acceptées ;
  • des marchandises déjà fabriquées ;
  • des livraisons non encore réalisées ;
  • de l’encours total après exécution des commandes.

Il convient ensuite de vérifier les dispositions du contrat relatives aux ordres à livrer ou aux opérations engagées avant la modification de la garantie.

Si les nouvelles livraisons ne sont plus suffisamment couvertes, l’entreprise peut négocier avec son client un acompte, un paiement comptant ou un nouvel échéancier.

L’objectif est d’éviter qu’une baisse de garantie constatée trop tard transforme une commande rentable en exposition non assurée.

Que faire si la garantie reste insuffisante après une demande d’insistance ?

La demande d’insistance peut permettre d’obtenir une nouvelle analyse, mais elle ne débouche pas nécessairement sur une augmentation de garantie.

Si la décision reste insuffisante, plusieurs alternatives existent :

  • conserver volontairement une partie du risque ;
  • réduire le montant de crédit accordé ;
  • demander un acompte ;
  • mettre en place un règlement comptant sur la partie non couverte ;
  • fractionner les commandes ;
  • rechercher une garantie complémentaire lorsque le contrat ou le marché le permet.

Le choix doit être économique. Le montant non garanti doit être comparé à la marge dégagée par la vente et à la capacité financière de l’entreprise à supporter une éventuelle perte.

L’avenant de décision doit être intégré dans les procédures commerciales

La décision de l’assureur ne doit pas rester uniquement connue du service comptable ou du credit manager.

Les équipes commerciales doivent pouvoir connaître le niveau d’encours autorisé avant d’accepter une commande importante.

Une organisation efficace peut prévoir :

  • l’enregistrement de chaque limite dans l’ERP ou le logiciel de gestion ;
  • une alerte lorsque l’encours approche du plafond ;
  • une validation financière avant une commande dépassant le seuil disponible ;
  • une diffusion immédiate des réductions et suppressions de garantie ;
  • un rapprochement régulier entre encours et garanties.

L’objectif est d’éviter une situation classique : le commercial accepte une grosse commande alors que la direction financière sait déjà que la garantie disponible est insuffisante.

Que faire lorsque le client change de raison sociale ou de numéro SIREN ?

Une décision d’assurance-crédit porte sur une entité juridique précisément identifiée.

Une fusion, une absorption, un changement de structure juridique ou une réorganisation de groupe peut modifier l’identité du débiteur réel.

Il faut alors vérifier que la garantie existante s’applique bien à la société qui recevra les factures futures.

Le simple fait que deux entreprises appartiennent au même groupe ne signifie pas que l’agrément de l’une couvre automatiquement les dettes de l’autre.

En cas de changement important, il est prudent de demander une nouvelle validation à l’assureur avant de poursuivre les ventes à crédit.

FAQ : questions et réponses

Voici les réponses aux questions pratiques que se posent les dirigeants, DAF et credit managers lorsqu’ils reçoivent une décision d’arbitrage de leur assureur-crédit.

Un avenant de décision est-il la même chose qu’un avenant modifiant le contrat ?
Non. L’avenant de décision concerne généralement la position de l’assureur sur un acheteur déterminé, notamment le montant de garantie accordé. Un avenant contractuel modifie quant à lui une disposition de la police elle-même. Il faut donc identifier la nature exacte du document reçu.
Une garantie accordée reste-t-elle valable pendant toute la durée du contrat ?
Pas nécessairement. La compagnie surveille régulièrement la solvabilité des acheteurs et peut modifier sa décision si de nouvelles informations apparaissent. Une limite peut être augmentée, réduite ou supprimée selon les conditions de la police.
Que se passe-t-il si mon encours dépasse le montant indiqué sur l’avenant ?
L’entreprise entre en dépassement de garantie. La partie située au-dessus de la limite accordée n’est pas automatiquement indemnisable. Il faut donc surveiller l’encours réel et demander une augmentation avant que l’exposition ne devienne trop importante.
Une commande signée avant une réduction de garantie reste-t-elle automatiquement couverte ?
Pas automatiquement. Le traitement dépend de la date d’effet de la décision et des dispositions de la police concernant les commandes en cours ou les ordres à livrer. Il faut vérifier le contrat avant de poursuivre la livraison, notamment lorsque le montant concerné est important.
Puis-je livrer avant d’avoir reçu la réponse de l’assureur ?
Commercialement, l’entreprise peut décider de livrer, mais elle prend alors le risque que la garantie demandée soit refusée ou accordée pour un montant inférieur. Pour une exposition importante, il est préférable d’obtenir la décision avant la livraison ou l’engagement irréversible de coûts.
Une décision de garantie à zéro permet-elle d’utiliser quand même la limite discrétionnaire ?
Il ne faut pas le supposer. Dans de nombreux contrats, une décision nominative de refus ou de suppression prévaut sur la couverture discrétionnaire. Il est indispensable de vérifier les conditions particulières avant de considérer une nouvelle vente comme assurée.
Peut-on demander une garantie temporairement plus élevée pour une seule commande ?
Oui, selon les solutions proposées par l’assureur. Il est possible de présenter le besoin exceptionnel en précisant le montant, la durée, la commande concernée et les conditions de paiement. L’assureur reste libre d’accepter totalement, partiellement ou de refuser cette augmentation.
Dois-je demander un nouvel agrément si mon client change de SIREN ?
Il faut au minimum faire vérifier la situation par l’assureur. Une garantie est attachée à une entité juridique identifiée. Un changement de SIREN peut correspondre à une nouvelle société, une fusion ou une restructuration et la couverture existante ne doit pas être transposée automatiquement.
Les commerciaux doivent-ils connaître les limites accordées par l’assureur ?
Oui, au moins pour les clients représentant des encours importants. Une limite de crédit est un outil de décision commerciale autant qu’un outil d’assurance. Le commercial doit savoir quand une nouvelle commande nécessite une validation du credit manager ou de la direction financière.
Un factor peut-il financer une facture au-delà de la garantie indiquée sur l’avenant ?
Cela peut arriver selon le contrat d’affacturage et l’analyse du factor. Toutefois, financement et garantie contre l’impayé sont deux notions différentes. Le factor peut éventuellement financer une partie d’une créance qui dépasse l’agrément tout en laissant le risque de non-paiement correspondant à la charge de l’entreprise.



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